Qu'est-ce que la méditation ?

« La méditation n’est ni technique ni un ensemble de techniques mais plutôt une façon d’être.

La méditation n’est pas un but à atteindre mais plutôt le chemin à prendre »

Jon Kabat-Zinn

Le mot méditer peut être évocateur de nombreuses représentations, comme arrêter de penser, rester assis immobile sans bouger ou encore s’isoler dans une grotte de l’Himalaya.

L’art de méditer est très ancien et les premières traces de cette pratique remonteraient à plus de 4000 ans (fresques de personnes assises en méditation dans des cavernes en Inde).

 

Méditer a plusieurs étymologies suivant les cultures :

  • en latin méditation vient du verbe meditor qui signifie «  préparer quelque chose, s’exercer ». Et le fréquentatif de ce même verbe est medeor qui signifie « soigner, donner des soins à, remédier », que nous retrouvons dans le mot médecin. Méditer correspond bien dans cette racine à ces deux sens que nous retrouvons dans la méditation s’exercer à prendre soin de soi et être son propre médecin par attention à soi même.

  • en sanskrit et pâli : méditer vient de Bhāvanā qui signifie littéralement « cultiver » dans le sens d’un appel à l’existence. Utilisé seul, il évoque la contemplation et citta-bhavana le développement du cœur/esprit, alors que metta-bhavana désigne le développement de la compassion.

L’action de méditer est présente dans la majorité des cultures à travers le monde. Cette pratique ne nécessite aucune croyance particulière et il n’est pas non plus nécessaire d’adhérer à un quelconque courant de pensée ni à aucune religion pour découvrir son intériorité essentielle.

La méditation s’appréhende par sa nature expérientielle. Si nous échangeons à propos de la méditation, alors concrètement, nous pensons mais nous ne méditons pas.

 

L’art de la méditation exige de nous une plongée au cœur de l’expérience afin de la vivre directement et non d'y réfléchir.

En réalité, méditer est inhérent à notre nature humaine. Cela fait partie des attributs d’homo sapiens sapiens, l’Homme qui est conscient de la conscience.

 

Méditer se présente en pratique plus comme un état d’être que comme une technique. Un état intérieur où le corps et l’esprit sont rassemblés, où la perception de ce qui est, est simplement accueillie telle qu’elle est, sans vouloir la modifier. Il y a à la fois une grande simplicité dans la « méthode » tout autant que dans son orientation : réconcilier l’homme avec ce qu’il est profondément.

 

Et cela, expérimenté régulièrement révèle des qualités d’unification et de calme.

Il n’existe pas d’objectif à atteindre dans la méditation, car il s’agit plutôt de laisser la Vie nous méditer en laissant de côté nos modes habituels de vouloir « faire » quelque chose. C’est plutôt une façon de découvrir et d’apprivoiser l’ouverture naturelle, ce qui peut contribuer à nous rendre plus présents.

 

La méditation ne demande aucune compétence particulière et tout être humain a expérimenté cet état où absorbé, il a cessé d’être préoccupé par lui-même. Tout le monde peut se souvenir d’avoir été saisi et absorbé par la beauté d’un paysage, la subtilité d’une fleur ou la céleste contemplation d’une nuit étoilée. Dans ces brefs instants le mental ne pense pas. Dans ces moments nous sommes juste en contact avec la conscience de ce qui est vécu.

 

La méditation peut aussi éveiller en nous le sens du Sacré. Cela peut faire émerger spontanément la beauté mystérieuse de la Vie.

En ce sens, elle donne aussi la direction vers la spiritualité, vers la vie de l’Esprit et peut venir enrichir les pratiques de ceux engagés dans une voie spirituelle, quelle que soit leur tradition ou leur confession.

 

La méditation a une place importante dans toutes les voies spirituelles. Elle a été particulièrement étudiée grâce à de nombreux textes et maîtres de méditations venus d’Orient mais nous trouvons aussi de nombreuses formes de méditation en Occident, aussi bien chez les philosophes antiques que dans les religions juive, chrétienne ou mulsumane.

La vie intérieure est l’essence même de tout sentiment religieux mais elle le transcende par l’expérience directe et la clé repose dans le profond silence de la méditation.

Dans ce silence, nous sommes seuls face à notre essence, à notre moi le plus profond, à notre véritable nature et nous faisons l’expérience de ce que nous sommes réellement.

La méditation permet de vivre cette expérience du silence et de la présence.

Dans notre ère de l’hyper-communication, du virtuel et des propositions « spirituelles » multiples, la méditation est une invitation pour l’homme à se rejoindre tout d’abord lui même là où il se trouve, afin d’éveiller la conscience.

Il y a d’ailleurs une métaphore traditionnelle souvent employée pour décrire la méditation, celle de la flaque d’eau boueuse : l’eau agitée est trouble mais lentement elle redevient claire lorsque l’agitation cesse et la boue se dépose au fond.

Il en est exactement de même avec notre conscience humaine sans cesse agitée de tourbillons venus de l’extérieur et de l’intérieur de nous-mêmes.

Si nous apprenons à lui donner des moments d’apaisement dont elle a besoin, indispensable à notre profondeur, la dispersion se déposera et la clarté de la conscience apparaîtra.

 

Un des points commun à toutes ces formes de méditations est de développer une capacité d’attention particulière à notre corps, à nos perceptions sensorielles, à nos pensées, à notre cœur et plus largement à notre esprit.

Il s’agit de devenir conscients de tout ce que nous expérimentons moment après moment. Il existe de nombreuses formes de méditation et ce qui les rapproche toutes est le fait que la voie méditative invite à un certain engagement.

Cet engagement favorise une stabilisation de l’attention, nous invite à une plus grande présence où l’attention et l’énergie seront régulées, La qualité avec laquelle nous entrons en contact avec nos expériences s’en trouve accrue et permet des réelles transformations dans notre relation à nous-même, aux autres et au monde.